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Le monde Uber

Mais qu’est ce qui se cache donc derrière le phénomène Uber ? Fondée en 2009 en Californie, la start-up est le symbole de l’émergence de nouveaux acteurs économiques incontournables?: les plateformes numériques. Ces acteurs sont des catalyseurs d’échanges économiques et d’interactions sociales. Ils utilisent la technologie pour proposer des services directement aux consommateurs. Cette “ubérisation” est aussi pratiquée par LeBonCoin, Booking, Blablacar, Airbnb ou Facebook… Une aubaine pour les individus et les consommateurs. Un défi pour les entreprises de l’économie classique. Le risque?? être coupé de ses clients, devenir un simple sous-traitant, voire dans le pire des cas être rayé de la carte, faute d’accès au marché. Le syndrome Kodak change d’échelle?: la grande nouveauté est que ces plateformes, au départ circonscrites au numérique, pénètrent tous les secteurs de l’économie. Même l’industrie commence à s’y intéresser. Pour les entreprises traditionnelles, il est temps de raisonner en modèle plateforme. Dans les bureaux de Uber à San Francisco, ils seraient quelques dizaines de collaborateurs triés sur le volet – PhD fortement recommandé et rémunération généreuse à plus de 400?000?dollars par an – à composer un département au nom évocateur?: “Uber Everything”. De UberCopter à l’occasion du festival de Cannes, à UberCargo à HongKong en passant par UberEats, récemment lancé à Paris, ces équipes “ubérisent” les marchés. Transport, logistique, livraison, il n’y a – presque – pas de limites. Icône d’une révolution en cours, la société américaine Uber symbolise un mouvement économique fort et structurant?: la mise en relation directe de l’offre et de la demande via une plateforme numérique. L’ubérisation, mot-valise telle que Maurice Lévy chez Publicis l’a défini, fait plutôt référence à la concurrence brutale de nouveaux entrants sur le marché. Les taxis voient une partie de leur activité captée par des VTC connectés. Cette économie de plateforme est un phénomène bien plus large. “Il a même toujours existé, y compris avant l’arrivé de l’Internet, rappelle Thierry Pénard, professeur d’économie à l’Université de Rennes 1. Les centres commerciaux ou les salons professionnels ou grand public relèvent de l’économie des plateformes.” Pour certains économistes, un marché est même une plateforme, donc il existe des plateformes depuis qu’il existe des marchés… Sur son versant académique, elles sont étudiées depuis les années 2000 et l’émergence des premiers acteurs numériques. Un cadre théorique a été construit, notamment par notre prix Nobel d’économie Jean Tirol avec ses travaux sur les marchés bifaces. Ces acteurs sont devenus des catalyseurs d’échanges économiques et d’interactions sociales. Des plateformes de types différents cohabitent?: certaines comme LeBonCoin se contentent d’une simple mise en relation entre un acheteur et un vendeur. D’autres, plus sophistiquées, jouent un rôle de tiers de confiance, comme iTunes qui facture le service. “Cette économie de plateforme a toujours existé, avant l’arrivé de l’Internet,. Les centres commerciaux ou les salons professionnels ou grand public relèvent de l’économie des plateformes” Pour Marc Bourreau, professeur d’économie à Télécom Paris Tech, “la grande nouveauté est que ces plateformes, au départ circonscrites au numérique, pénètrent tous les secteurs de l’économie, comme Airbnb dans l’hébergement ou Uber avec les taxis”. Transport et co-voiturage avec Blablacar, location de voiture avec Koolicar ou Drivy, finance et crowdfunding avec Kisskissbankbank, voire même parking avec MonsieurParking… Selon Sergine Dupuy, fondatrice de RedPill, agence conseil spécialiste en disruptions, “il existerait aujourd’hui plus de 250 plateformes de services de mise en relation sur Internet en France”. Deux phénomènes expliquent cette accélération. D’abord, le nombre de personnes ayant accès à ces services via le web. Ensuite, la démocratisation de l’Internet en mobilité. Le marché a basculé dans une logique d’application smartphone qui décuple les usages. “Nous sommes dans un momentum où il y a des innovations technologiques, des consommateurs prêts à payer, une vague entrepreneuriale et beaucoup de liquidités et d’argent à investir. Les planètes sont alignées pour la disruption”, résume Jean-Michel Huet, associé chez Bearing Point. Comment expliquer le succès de cette économie de plateforme?? Il tient d’abord à la nature du modèle économique sur lequel il repose. Stéphane Savouré, PDG de Koolicar, service d’autopartage entre particulier, témoigne?: “nous n’investissons pas dans des véhicules mais sur une technologie intégrant un service à des voitures. Ce n’est pas le même besoin d’amortissement. Le modèle économique devient viable beaucoup rapidement”, explique l’entrepreneur dont la société vient tout juste de lever 18?millions d’euros dans le but de stimuler l’offre en équipant 30?000 voitures de boîtiers d’auto-partage. Le modèle plateforme repose d’abord sur la mise en relation. Il s’affranchit de l’investissement très important que représentent par exemple les véhicules, de la logistique, qui est gérée par les utilisateurs, voire des coûts de personnels et des charges sociales afférents (voir encadré). Business avant tout de coûts fixes, le modèle plateforme revient bien évidemment moins cher que celui de l’entreprise intégrée. “Si Uber devait salarier tous les chauffeurs, l’entreprise n’existerait plus”, estime Marc Bourreau. “nous n’investissons pas dans des véhicules mais sur une technologie intégrant un service à des voitures. Ce n’est pas le même besoin d’amortissement” Ce type de service n’est possible qu’avec une masse critique d’utilisateurs des deux côtés de la plateforme. Exemple avec Uber. Chez les offreurs pour commencer?: 25% des chauffeurs étaient au chômage avant dont 43% de longue durée. De l’autre, “si la plateforme rencontre du succès, c’est aussi parce que le service rendu est à la hauteur de la promesse?: disponibilité, voiture propre, service client…”, observe Sergine Dupuy. La réussite repose ainsi sur une proposition de valeur équilibrée. Idem chez Airbnb, qui donne à l’hôte une source de revenu supplémentaire et aux voyageurs un hébergement économique ou original. À chaque plateforme ses promesses. Selon Stéphane Savouré, l’objectif de Koolicar est par exemple “qu’un propriétaire finance sa voiture intégralement grâce aux revenus de partage”.




Filed by ledisjoncteur at novembre 18th, 2016 under Uncategorized

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